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Analyse Unici’T · Marché

Horizon Europe finance désormais l'accès au marché

Ce signal dit autant sur les profils à recruter que sur les dispositifs à mobiliser.

Conseil en financement de l'innovation

Horizon Europe finance désormais l'accès au marché. Un signal à lire de près.

Le nouveau topic « Proof of market » d'Horizon Europe reconnaît officiellement qu'entre un résultat de R&D prometteur et une innovation réellement adoptée par un marché, il existe un travail entier. Discret, sous-financé, souvent absent des projets.

Ce signal dit autant sur les profils à recruter que sur les dispositifs à mobiliser.

Premier enjeu — Ce que la Commission finance désormais

Ce qui manquait dans quelques projets européens a enfin un nom.

Les projets éligibles pourront désormais financer :

  • Une analyse de marché et de la concurrence
  • L'identification des utilisateurs finaux
  • La définition du processus de commercialisation
  • La consolidation de la propriété intellectuelle

Ce n'est pas un ajustement technique. C'est une reconnaissance formelle que la maturité technologique ne suffit pas. Qu'entre un TRL élevé et une adoption réelle, il y a tout un travail de qualification marchande qui n'a jamais été systématiquement traité dans les projets de recherche.

Le budget alloué est modeste. Le signal, lui, est structurant.

Deuxième enjeu — Les missions qui en découlent

Ces interventions ne s'improvisent pas. Elles se construisent.

  1. 01

    Évaluer la maturité marchande d'un actif technologique.

  2. 02

    Cartographier le paysage concurrentiel et identifier les verrous à l'adoption.

  3. 03

    Qualifier les premiers segments clients.

  4. 04

    Structurer un modèle de commercialisation cohérent avec le stade de développement du projet.

  5. 05

    Défendre une stratégie d'accès au marché devant un jury européen, un partenaire industriel ou un investisseur.

Ce sont des missions à haute valeur analytique et stratégique. Elles supposent de naviguer avec fluidité entre la rigueur de l'expert technique et la hauteur de vue du stratège commercial.

Elles définissent un profil précis. Et ce profil est rare.

Troisième enjeu — Le profil attendu

Il ne se forme pas dans les viviers habituels.

La formation académique forme très bien des scientifiques. Ou très bien des marketeurs. Rarement les deux de front. La double lecture, roadmap R&D et trajectoire marchande, ne s'acquiert pas en formation initiale.

Elle se construit dans certains parcours de conseil en stratégie et marketing de l'innovation. Des cabinets spécialisés dans la valorisation technologique. Des équipes exposées simultanément aux problématiques de maturité technique et d'accès au marché.

C'est là qu'il se trouve. Pas dans les viviers traditionnels du conseil en financement de l'innovation, qui forment d'excellents experts des dispositifs. Rarement des stratèges capables d'objectiver la valeur marchande d'un actif scientifique.

Closing — Ce que cela change pour les cabinets

L'enjeu n'est pas de comprendre le signal. C'est de savoir où aller chercher ceux qui peuvent y répondre.

Les cabinets qui développent ou renforcent une offre de stratégie et marketing de l'innovation font face à un déplacement de vivier que peu ont encore anticipé. Ils cherchent dans leurs réseaux habituels des profils qui ne s'y trouvent pas. Pendant ce temps, les profils dotés de cette double lecture construisent leur trajectoire chez des acteurs du conseil en stratégie qui ne leur ont pas encore proposé ce qu'ils pourraient trouver ailleurs.

Ce décalage produit des recrutements longs, des compromis sur les profils, et parfois des créations de postes qui n'aboutissent pas.

La Commission a financé un besoin. Il reste à recruter ceux qui sauront y répondre, là où ils se trouvent réellement.

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